Accueil > A l’Assemblée > Audition du Président du SPD

Audition du Président du SPD

fontsizeup fontsizedown

Nous avons auditionné aujourd’hui lors de la réunion du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, le Président du SPD, le parti social démocrate Allemand. L’occasion de revenir sur l’initiaitve commune des députés PS et SPD de défendre une proposition de loi visant à instaurer une taxation des transactions financières, ainsi que, plus globalement, sur les défis actuels de la construction de l’Union Européenne.

C’est un moment propice car nous devons intensifier nos relations, car nos pays doivent être mieux gouvernés qu’ils ne le sont. Je suis convaincu que nos gouvernements nous mènent vers la plus grande crise politique depuis l’origine de l’Union Européenne. Cette crise n’est pas que financière. C’est aussi une crise de l’idée pour savoir ce qu’est l’Europe pour les hommes et les femmes. Cela a été perdu. Nous avons eu de grands leaders qui avaient vécu la seconde guerre mondiale et pour qui il était évident que l’Europe apportait la paix et le bien être.

On pourrait dire à la légère que les dirigeants actuels ne sont pas à la hauteur pour faire ceci. Mais il y a des raisons plus profondes à cette situation difficile. Ma génération et encore celle de a fille n’a pas vécu les mêmes choses. Quand nous disons qu’il faut l’Europe pour la paix et la stabilité, la nouvelle génération ne le voit pas. Nous avons besoin d’une nouvelle fondation de ce qu’est l’Union Européenne. Les conservateurs n’ont inscrit cela ni dans la tête ni dans le cœur des gens. Mais nous-mêmes n’avons pas su le faire jusqu’à aujourd’hui.

Si nous ne réussissons pas à mettre l’Europe dans la tête et dans le cœur des gens nous ouvrons la voie à ceux qui prêchent la renationalisation de notre politique et de notre économie. 80% des Allemands ont une attitude positive vis-à-vis de l’Europe mais autant de confiance envers les institutions européennes comme vis-à-vis des autres institutions nationales. Que voulez-vous que les jeunes Espagnoles fassent d’autre si un taux de chômage de 40% perdure.

Il est devenu très clair que nous ne pouvons y arriver que dans un cadre européen. Si les ouvriers allemands considèrent que c’est le contribuable allemand qui doit financer la crise grec, nous devons expliquer que nous ne pouvons vendre notre production que si les autres vont bien.

Nous disons que nous avons besoin de l’Europe pour la paix et le bien être, mais nous en avons aussi besoin pour avoir du poids dans le monde. Notre culture est importante. Les droits de l’homme, nos concepts économiques et sociaux, et tout cela doit être notre réponse à la globalisation, sans quoi l’Europe sera invitée dans les conférences internationales comme une vieille tante.

Il faut voir la Chine, l’Amérique, l’Amérique latine et leur dynamisme et leurs politiques de puissance. Pour avoir la chance de défendre nos idées pour l’économie écologique et sociale, pour des modes de résolution des conflits, nous avons besoin d’être européens pour cela.

Il n’est pas facile aujourd’hui de dire cela, mais il est important que les partis de gauche en Europe luttent pour apporter une réponse européenne et de gauche à ces défis. Nous devons défendre l’Aufklerüng européenne, les lumières qui sont notre héritage et notre lumière pour éclairer notre avenir.

À nous de nous mobiliser pour avoir cette Europe que nous voulons.

Nous avons rédigé et soumis dans nos parlements respectifs une proposition de loi pour la taxation des transactions financières. Cela est bien mais nous pouvons aller plus loin. Nos parlements sont mal perçus par nos peuples. Nous devrions plus souvent y parler en même temps des mêmes choses entre nos différents pays européens. Ainsi par exemple aujourd’hui des questions relative à la dette publique et aux rapport aux marchés financiers. Il est de plus en plus difficile d’avoir un contact réel, des échanges, avec les citoyens. Il nous faut revoir nos pratiques pour renouer les liens démocratiques de base.

Sur la politique de défense. Pourquoi voulez vous que l’explique à mes électeurs que nous avons besoin d’une armée commune si nous n’avons pas une politique de défense commune ? au moment où la France, l’Allemagne et le Portugal ont voté différemment sur la Libye, nous étions au point bas de la politique de défense européenne. S’il n’y a pas d’armée commune c’est qu’il n’y a pas de volonté commune d’une politique de défense et sécurité commune. En Allemagne nous sommes peut-être un peu plus prêt à lâcher sur ce sujet car notre passé nous fait penser que notre politique extérieure ne peut être menée qu’en coopération avec nos partenaires. C’est plus facile pour nous d’envisager un partage de souveraineté sur ce sujet que pour la France peut-être.

Comment nous positionner en tant que sociaux démocrates en Europe et face au commerce international. Nous n’avons pas perdu les élections pour avoir été mal compris mais parce que les électeurs ont été mécontents. Les années 90 ont été marquées par un discours dominants visant à une libéralisation sans limite de l’économie. Et nous n’avons pas résisté à cela. Le marché des capitaux nous a amené à la situation pénible dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Nous devons réfléchir à nos règles économiques mais aussi sociales. Si une entreprise allemande ferme et rouvre ensuite une usine en république tchèque pour une économie de salaires et empoche en plus des subventions de l’Europe, comment expliquer cela aux ouvriers d’autant que c’est une partie de leurs impôts qui sont reversés à cette entreprise sous forme de subventions ? Cela n’est pas possible et foncièrement inacceptable.

Récemment un tribunal européen a condamné un accord fait dans une entreprise suédoise qui prévoyait que tous les salariés travaillant sur le même site, quelle que soit leur nationalité, devaient être payés de la même manière. Cela est là aussi inexplicable.

Ce sont des domaines sur lesquels nous devrions véritablement réfléchir ensemble.

S’agissant de la protection de l’environnement, je pense qu’il n’y a pratiquement pas de problème, car nous avons les certificats pour acheter des droits. Mais il y a des effets sur le prix de l’énergie. Mais même pour le prix de l’électricité il n’y a pas tant de coût qui compte car même ce marché a été libéralisé. Ce qui est important ce sont les énergies renouvelables qui peuvent essayer de baisser le coût de l’électricité en Allemagne. Pour les centrales nucléaires c’est un problème de temps, de délais. Lorsque nous étions au gouvernement nous avions mis en place un calendrier sur 20 ans de sortie du nucléaire. En arrivant au pouvoir la droite a arrêté cela. L’industrie avait donc changé ses orientations. Et maintenant le gouvernement annonce une sortie précipitée, ce qui déstabilise l’industrie. Une difficulté va porter sur la gestion des déchets.

Partager sur le net :

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?