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Bilan de la situation économique (II)

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Si notre pays est confronté aujourd’hui à un déficit non maîtrisé, c’est que, contrairement à toutes les autres nations européennes, il est le seul avec la Grèce à ne pas avoir réduit son déficit public pendant le cycle de croissance qui précédait la crise.

C’est la première fois que notre pays affronte une récession en étant déjà en déficit excessif avant. En 2005, la France et l’Allemagne étaient toutes deux en déficit excessif (3 % en France et 3,4 % en Allemagne). En 2008, l’Allemagne avait pratiquement ramené son déficit à zéro alors que la France l’a laissé dériver à 3,4 %.

La conséquence est claire en 2009 : la récession a creusé le déficit d’un montant comparable dans les deux pays, mais le déficit allemand est à 3,7 %, là où le nôtre atteint 8,3 %.

En abordant la récession en étant déjà en déficit excessif, notre pays s’est enfoncé dans une dérive incontrôlée des finances publiques.

Le déficit de l’Etat – 141 Milliards en 2009 – représente la moitié des dépenses du budget général. Il équivaut à la somme de l’investissement (14 Mds), des intérêts de la dette (42 Mds) et de la masse salariale du budget général (84 Mds).

Quand chaque jour, l’Etat emprunte entre un demi et un milliard d’euros sur les marchés financiers
pour couvrir une grande partie de ses dépenses courantes, il y une véritable indécence à faire diversion avec un « grand emprunt pour financer des dépenses d’avenir ».

Dans ce contexte poursuivre les cadeaux fiscaux dans le budget pour 2010 (11,7 milliards d’allègement de la TP et 2,5 milliards pour la TVA restauration) est tout aussi irresponsable que la politique de démantèlement de l’imposition des revenus poursuivie depuis 2002. Tous les cadeaux fiscaux de la droite depuis 2002 l’ont été à crédit, c’est-à-dire reportés sur l’impôt des générations futures.

Quant à l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui est l’alpha et l’oméga de la RGPP, et qui a conduit à supprimer 33 000 postes dans la fonction publique en 2009, il représente une économie budgétaire de 500 millions d’euros par an, soit une journée de déficit public !

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