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CRISPATION IDEOLOGIQUE DE L’UMP SUR LA QUESTION DE LA DELINQUANCE

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L’UMP a ouvert une série de débats pour préparer le projet présidentiel de 2012 : premier sujet :  l’application effective des peines et la récidive. 14 propositions sont sorties du débat.

Les trois têtes de chapitre ne souffrent pas la critique : A) Raccourcir le jugement entre le jugement et l’exécution de la peine ; B) Assurer l’application effective des peines prononcées ; C) Mieux prévenir la récidive. De la même façon les propositions visant à développer les TIG (travaux d’intérêt généraux) recueillent l’assentiment.

Les autres propositions sont toutes maladroitement répressives. Créer 20 000 nouvelles places de prison est justifié par un taux de 100 détenus pour 100 000 habitants en France contre une moyenne européenne de 122 en Europe. Pas l’ombre d’une reflexion sur le rôle de la prison. Pas plus de reflexion pour justifier la suppression des réductions de peines, sauf qu’elles ne plairaient pas à nos concitoyens. Même remarque pour la proposition d’interdire la libération conditionnelle avant l’éxécution des 2/3 de la peine prononcée (contre ½ maintenant).

Obsédé par la prison, le texte ne contient aucune proposition pour assurer le suivi et le contrôle en fin de peine. Pire encore, les rédacteurs ne semblent pas se rendre compte que leurs propositions sont contre-productives. Limiter la libération conditionnelle c’est se priver d’un outil de suivi à la sortie de prison et d’un des mécanismes les plus efficaces contre la récidive ou la réïtération. De la même façon supprimer les réductions de peine, c’est détruire la surveillance judiciaire, votée par la droite en 2005. Cette surveillance judiciaire permet la révocation des dites réductions de peine d’un sortant de prison en cas de nouvelle condamnation. Les supprimer, c’est se priver de ce mécanisme de surveillance après la sortie, outre le fait que c’est se priver d’un encouragement à se tenir correctement en détention.

La suspicion contre les juges d’application des peines se lit dans le souhait de confier la charge de l’exécution de la peine au parquet. Ell se lit encore dans l’idée de créer des jurés, tirés au sort qui viendraient assister le JAP dans ses décisions.

On reste consterné par le fait que l’UMP ne tire pas les conséquences de ses échecs. Depuis bientôt 10 ans, la droite au pouvoir a crée de nouveaux délits, aggravé les peines, augmenté les incarcérations…Rien n’y a fait. La peur est toujours présente. L’exploitation scandaleuse des faits divers par le président de la République y est pour beaucoup, comme la diabolisation du délinquant, nouveau Croquemitaine d’une société anxieuse.

Lutter contre la délinquance c’est d’abord la comprendre, comprendre ses causes et comprendre qu’il y a des délinquances à qui il faut apporter des réponses différenciées. C’est aussi comprendre qu’il faut passer d’une culture du tout enfermement à une culture du contrôle, c’est-à-dire à la mise en place d’un suivi et d’un contrôle à la sortie de prison ou à la place de la prison. Se cantonnant à un appel à toujours plus de sévérité, l’UMP s’en tient à une approche idéologique de la délinquance. Sur ce terrain, le Front National sera toujours plus fort. 

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