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DES MOTS POUR LE DIRE

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La lecture des motions pour le Congrès de REIMS a été l’exercice obligatoire de cet automne. C’est l’occasion de réfléchir à la façon dont nous adressons à nos concitoyens, aux mots employés, au-delà de la richesse des propositions faites et au-delà de toute considération partisane.

La défense

Défendre les services publics, le droit du travail, les plus défavorisés d’entre nous…Toutes les motions font état de cette nécessité de défendre. Il faut très certainement le faire, mais sans doute le dire autrement. Défendre signifie qu’il y a une attaque contre une institution, un territoire, un camp, un groupe…L’attaquant est en mouvement, le défenseur est statique. L’attaquant veut modifier un état existant par la conquête de l’objet attaqué. Le défenseur vise la conservation de l’existant.

Développer le thème de la défense nous place du côté du passé, du conservatisme. Il faut donc présenter nos positions avec d’autres mots et les associer à des propositions d’avenir. Car il se dit que la meilleure défense c’est l’attaque.

L’espoir

Montée de la précarité, développement des inégalités, baisse du pouvoir d’achat… nous dressons un tableau sombre de la société française. Et nous avons raison. Mais, ici encore, il faut être prudent avec les mots employés. Dresser un tableau avec des termes désespérants interdit ensuite de trouver l’espoir de changement si dans le même temps nous ne donnons pas les pistes prmettant de ce sortir de cette situation.

L’implicite de nos discours

Les mots sont à la fois chargés de plusieurs significations et porteurs de sens pluriels que l’histoire y a mis. Un canon a plusieurs significations : c’est une arme qui tire des obus, c’est aussi une mesure de liquide (généralement d’alcool) dans les bars (boire un canon), c’est aussi un critère dans le sens vieilli des canons de la beauté. La retraite à 60 ans est par exemple un slogan très complexe.

Cela signifie en effet que l’on peut s’arrêter de travailler dès l’âge de 60 ans, ce qui est l’explicite du discours. Et implicitement cela veut dire : bénéficier d’un revenu remplaçant le salaire et payé par les actifs qui cotisent à une caisse baptisé Sécurité Sociale, à condition d’avoir travaillé comme salarié pendant 40 ans (aujourd’hui, 41 ans demain).

Cela veut dre ausssi qu’on la liberté aussi de prendre sa retraite dès l’âge de 60 ans, même sans avoir travaillé les 40 ans prévus, mais squ’alors la retraite sera diminué par rapport à une retraite pleine.

Or quand nous mettons en avant un tel slogan, il ne parle qu’à ceux qui maîtrisent cet implicite. Les jeunes ne pensent pas à leur retraite. Les femmes (car ce sont généralement des femmes) qui se sont arrêtés de travailler pour élever des enfants pensent que ce slogan ne les concerne pas, Les salariés qui ont commencé à travailler après 20 ans le pensent aussi.

Nous devons donc penser à l’implicite de nos slogans et de nos discours. Nous devons également nous souvenir que l’implicite n’est pas le même pour tous. Nous devons garder à l’esprit que les statuts se sont diversifiés, que la culture syndicale qui a pu constituer un implicite commun est aujourd’hui moins partagé.

Le recours à des mots valises doitêtre fait avec prudence car aujourd’hui chacun met des affaires différentes dans ces valises.

Expliquer, expliquer avec des mots simples, de tous les jours, voilà notre tâche, même si elle est parfois harassante.

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