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Échanges avec Greenpeace sur les questions énergétiques

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Lors de la réunion de ce mercredi du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, nous avons pu entendre les analyses et propositions de l’association Greenpeace sur les questions énergétiques. Alors que le Parti Socialiste vient de rendre public son projet pour 2012, les questions de politique énergétique prendront toute leur part dans le débat démocratique.

 

Diagnostic :

Nous considérons que nous sommes dans une crise énergétique totale. Nous avons eu l’année dernière la marée noire dans le golf du Mexique. Les révoltes dans le monde Arabe ont amplifié la volatilité des prix du pétrole. Enfin, l’accident de Fukushima, en fait quatre accidents sur quatre réacteurs.

Ce qui est important pour nous est de parler aujourd’hui avec vous de l’ensemble du défi énergétique. Pour resté sous les 2° d’augmentation de la température mondiale nous devons nous limiter à n’utiliser que 20% des réserves connues d’hydrocarbures. Par ailleurs, le nucléaire se trouve dans sa plus grande crise depuis 50 ans. Tchernobyl pouvait être renvoyé à la déliquescence d’un système politique, mais la crise japonaise nous montre qu’une société hautement technologique, consciente des risques, est allé pour autant au devant d’une crise majeur pour soutenir un développement économique discutable.

Cette crise énergétique interroge donc notre modèle économique global.

 

Nos demandes et préconisations :

Par rapport au projet présenté hier par le parti socialiste, dont nous avons bien conscience qu’il s’agit d’une première mouture, nous avons des insatisfactions. Nous avions cru entendre des responsables s’exprimer en faveur d’une sortie du nucléaire. Le texte parle d’une sortie du « tout » nucléaire. Or cela est déjà le cas. Nous avons déjà un objectif de 23% d’énergie renouvelable à l’horizon 2020.

Deux points nous paraissent essentiels :

1/ La demande de moratoire. Elle a été exprimée par le groupe des députés socialistes mais nous ne la retrouvons pas là.

2/ Une décision politique de sortie, progressive évidemment, du nucléaire. Il y a beaucoup d’experts qui travaillent sur cet objectif. Par exemple, fermer toutes les centrales qui ont plus de 35 ans. Nous devons aussi appuyer la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables.

La population est de plus en plus sensible à cette question.

 

Les audits actuels sur la sûreté nucléaire

Ces audits sont nécessaires, quelle que soit la suite des décisions politiques. Le gouvernement a fermé la porte à toute perspective de débat. Cela ne permet pas de tirer les conséquences de ces audits.

Ces audits vont être réalisés par l’ASM. Mais à Fukushima la sûreté avait été « calculé » sur des probabilités. Et l’improbable est arrivé. Cette approche probabiliste nous pose des difficultés. Or cette approche est celle des autorités de sûretés.

Nous ne sommes pas contre la participation de l’ASM, mais nous demandons aussi la participation d’experts complémentaires, différents.

Par ailleurs, il y a le périmètre de cet audit. Faut-il ne regarder que les réacteurs, ou aussi les centres de stockage, dont nous avons vu à Fukushima qu’ils pouvaient poser de grosses difficultés ?

Alors que la France a notamment comme argument de vente de l’EPR sa résistance à des actes de terrorismes comme la chute d’un avion, pourquoi les installations comme les centres de stockage ne sont-elles pas testées à cette hauteur d’exigence ?

Il y a aussi des audits prévus à l’échelle européenne. La France pousse pour que cet audit s’aligne sur nos standards. Nous pensons que cet audit devrait s’aligner sur les standards les plus élevés. L’Allemagne a fait des propositions intéressantes.

 

Quelques éclairages divers

En 2013, 2014, le solaire photovoltaïque produira à un coût équivalent par rapport au prix moyen du mixte énergétique en Europe.

 

1€ investis dans le nucléaire produit 10KW

1€ investis dans l’éolien 17KWh

1€ investi dans les micros productions produit 57KWh

1€ investis dans l’efficacité énergétique conduit à économiser 100KWh

 

Le nucléaire représenterait 100.000 emplois en France

Les Allemands ont créé 400.000 emplois en 10 ans dans les énergies renouvelables.

 

La question de l’indépendance énergétique. Nous serions à 50%, alors que nous consommons le même volume de pétrole qu’en 1970. Par contre, nous ne sommes pas indépendant en terme d’uranium puisque nous importons 100% de la ressource.

 

Nous ne connaissons pas le prix réel du nucléaire, car beaucoup de coûts sont renvoyés vers des organismes publics, qui doivent notamment gérer les suites d’expérimentations non abouties. Ainsi, tous ces coûts n’apparaissent pas dans la facture d’EDF.

 

Nous ne pensons pas inéluctable l’augmentation du besoin d’énergie électrique.

 

En dehors des lois d’orientation, le parlement n’a pas la possibilité d’intervenir sur la politique nucléaire. Il serait utile de reprendre la main.


Le nucléaire représente en France 70% de notre consommation d’électricité, mais il ne représente que 17% de notre consommation d’énergie. C’est 5% en Europe, et 2% à l’échelle mondiale. L’agence mondiale de l’énergie a indiqué que nous construisions 30 réacteurs par an d’ici 2050, alors que nous en construisons actuellement 6 par an, cela permettrait de réduire de 6% les émissions de gaz à effet de serre, alors qu’à cette échéance il faudrait avoir décarbonné notre production énergétique de 95%. Donc, pour nous le nucléaire n’est pas la solution. Il faut choisir l’efficacité et la sobriété énergétique ainsi que les énergies renouvelables.

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