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Forum Mondial des Droits de l’Homme : La situation des Roms en Europe / Notre politique d’intégration à Nantes Métropole

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Le 3 juillet j’ai animé une table ronde au Forum Mondial des Droits de l’Homme à Nantes. Il s’agissait d’échanger sur la situation des Roms en France. À tout d’abord été présentée la situation des Roms en général puis ont été présentées 3 expériences : une expérience albanaise, une expérience espagnole et l’expérience de Nantes Métropole.

Les Roms sont issus du nord de l’Inde. Pour des raisons inconnues, il y a eu, il y a de nombreux siècles de cela, une migration : ce peuple s’est déplacé dans toute l’Europe. Les gens du voyage français semblent être issus également de ce peuple. Les Roms, quant à eux, sont principalement installés dans les pays du sud est de l’Europe. Ils sont 10 à 12 millions répartis aujourd’hui en Roumanie, en Hongrie, en Bulgarie en Albanie et aussi, mais à une échelle moindre, dans les pays de l’ex-Yougoslavie.

En Roumanie, ils ont la particularité (douloureuse) d’avoir eu le statut d’esclaves jusqu’en 1856. (Attention à ne pas oublier que l’esclavage a été aboli en France en 1848).

Depuis quelques années, comme beaucoup de peuples pauvres, ils sont attirés par les richesses de l’Europe occidentale. Ils tentent en conséquence de s’installer dans les pays de l’occident, en France, en Italie et en Espagne principalement.

En Roumanie, dont sont issus la plupart des Roms installés en France, ils sont victimes de discriminations plus ou moins explicites. Les enfants ont du mal à être scolarisés. Quand ils sont scolarisés, ils sont souvent regroupés dans les mêmes classes. De façon générale, les Roms font l’objet d’un rejet.

Trois expériences ont été évoquées lors de cette table ronde. L’Albanie, représentée par Madame Blerina TEPELENA a expliqué qu’un programme actif d’intégration des minorités était en place. En effet, l’Albanie pense qu’elle pourra intégrer l’Union Européenne si la question des minorités nationales est correctement réglée et si ces minorités bénéficient d’un traitement juste.

Madame Catherine BONHOURE, de la fondation Gitana a présenté l’expérience espagnole. À Barcelone, où elle travaille, les Roms sont logés dans des taudis qui leur sont loués par des marchands de sommeil. Ces marchands de sommeil sont d’ailleurs souvent d’origine Pakistanaise et font partie de la précédente vague d’immigration. Les autorités espagnoles qu’elles soient municipales, provinciales, régionales ou nationales n’ont pas de programme précis en direction des populations Roms.

À la suite, j’ai présenté l’expérience de Nantes Métropole que je pilote. En févier 2007, Nantes métropole a considéré qu’expulser les campements illégaux n’avait que peu de résultats et était injuste. En conséquence, ont été recensés tous les Roms installés sur le territoire de l’agglomération. Il a été décidé de les aider à s’intégrer en France ou à repartir en Roumanie, selon leur choix. En conséquence, ils ont été installés sur 3 sites, près du Pont de Cheviré (35 familles), aux Sorinières (10 familles), sur la route de Sainte Luce à Nantes (18 familles - à Sainte Luce ces familles étaient déjà installées en vertu d’une précédente expérience).

A été mis en place un programme visant à leur trouver du travail, un logement. Tous les enfants sont scolarisés grâce à un effort très important de l’éducation nationale. L’expérience est actuellement en cours. Par ailleurs, des contacts sont en cours avec la ville de DROBETA et le département de MEHINDITI dont sont issus la plupart des Roms installés à NANTES pour monter une coopération entre nos collectivités. Enfin est prévue une démarche auprès de l’Union Européenne pour bénéficier des programmes destinés à intégrer les minorités.

Cette expérience a évidemment un côté lumineux, celui de l’intégration de toutes ces familles, elle a aussi un coté sombre, le fait que les familles qui sont venues s’installer postérieurement (environ 200 personnes) ne sont pas comprises dans le programme. Subsistent donc, dans l’agglomération, des camps sauvages et misérables que nous ne pouvons pas prendre en charge.

Cette question des minorités reste donc posée. Elle est un défi que doivent régler toutes les sociétés et particulièrement les sociétés riches comme la nôtre. Il s’agit donc ici encore d’un dossier à suivre.

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