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Interview

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Bonjour Dominique Raimbourg. Pourquoi avez-vous souhaité cet échange aujourd’hui ?

Depuis mon élection en 2007, je diffuse un journal deux fois par an pour rendre compte de mon activité de député. Beaucoup d’habitants de la circonscription m’interpellent pour en savoir plus sur mon état d’esprit du moment, au-delà de l’actualité parlementaire que je commente par ailleurs sur mes sites internet.

Vous avez été élu député il y a maintenant 4 ans. Qu’est-ce que cela a changé dans votre vie ?

Tout ! (rires) Plus sérieusement, je n’étais pas un débutant puisque j’avais déjà occupé des fonctions d’adjoint au maire à Nantes auprès de Jean-Marc Ayrault et même eu l’occasion d’être député de 2001 à 2002 en remplacement de Jacques Floch [nommé secrétaire d’Etat par Lionel Jospin, NDLR]. Cela dit, en 2007, c’était la première fois que

j’étais élu sur mon nom. J’avais d’ailleurs deux questions en tête : vais-je être à la hauteur des attentes des électeurs ? Vais-je trouver ma place à l’Assemblée Nationale ?

Heureusement, j’ai été aidé par ma spécialité en droit pénal. Mes connaissances m’ont permis de m’insérer très vite parmi les autres députés. Dès les premiers mois, j’ai été associé à des dossiers très importants.

Votre profession d’avocat vous est donc utile au quotidien ?

Oui bien sûr, même si je fais partie de ces députés qui ont cessé leur activité professionnelle une fois élu. À mon sens, il est très ambigu de participer à la création de lois lorsqu’on siège à l’Assemblée Nationale et d’exercer le métier d’avocat simultanément. Et puis, je veux être un élu très engagé dans ma fonction et cela nécessite de donner beaucoup de mon temps.

On se demande souvent ce que font les députés au quotidien…

Je comprends. C’est un mandat qui peut paraître lointain et l’image qu’en donne la télévision n’est pas toujours à notre avantage. Mais en vérité, c’est une mission aussi passionnante que prenante ! Notamment parce qu’on doit aux citoyens d’être autant présent sur sa circonscription qu’à Paris à l’Assemblée Nationale.

Comment s’organisent vos semaines ?

Elles sont toujours trop courtes ! Le lundi, je suis présent sur la circonscription pour rencontrer les habitants à ma permanence ou sur le terrain. C’est essentiel pour rester en contact avec la réalité et pouvoir apporter mon aide partout où cela est possible. Le mardi, je pars sur Paris pour participer à la séance de questions au Gouvernement et ainsi

exercer mon rôle de contrôle et d’opposition quand cela est nécessaire. Les mercredi et jeudi, je travaille sur les lois en préparation. C’est un moment très riche qui consiste à auditionner des experts, des praticiens et tous les représentants des personnes concernées par un sujet pour concevoir les textes les plus justes. Le vendredi, je suis de retour à ma permanence. Et durant la plupart des week-ends, je participe à divers événements militants, sportifs ou culturels de la circonscription.

N’êtes-vous jamais épuisé avec un tel agenda 

J’ai un secret… Je me déplace beaucoup à vélo. Cela me permet de garder la forme ! Mais j’ai également la chance d’être assisté par 4 personnes. Vous savez, sur certains dossiers, comme ce fût le cas sur les OGM, on peut recevoir plus de 1000 mails en quelques semaines ! Mon équipe me conseille et m’aide à réaliser un travail parlementaire de qualité, tout en répondant autant que possible à toutes les sollicitations.

La crise que nous traversons, la montée alarmante du chômage, notamment chez les jeunes, devraient pourtant inciter le gouvernement à revoir ses pratiques ! C’est la même chose en ce qui concerne la justice, un sujet sur lequel je travaille en priorité. La ligne présidentielle est fondée sur l’idée que les juges ne sont pas assez sévères. Qu’un supposé laxisme est la source de la délinquance… Que les questions de sécurité et de criminalité ne tournent qu’autour d’une jeunesse excitée et de dangereux pédophiles. C’est simpliste et faux bien évidemment. Et cette politique est sanctionnée par un échec complet ! Police, justice, milieu pénitentiaire, je n’ai jamais senti un tel malaise chez tous les acteurs de la chaîne pénale.

Pourtant on ne peut pas accuser le gouvernement actuel de ne pas réformer ?

Oui, mais le président de la République nous fait légiférer à marche forcée et à vitesse grand V. Il calque son action sur l’actualité, l’émotion et les informations télévisées. Mais, soyons sérieux, le temps politique n’est pas le temps médiatique ! Pour agir en profondeur, il faut savoir œuvrer dans le calme et dans la concertation. D’autant qu‘une loi, il faut avant tout pouvoir l’appliquer dans la réalité, sinon, elle ne sert à rien. Quand on va trop vite, c’est impossible parce qu’on ne peut organiser les choses efficacement. Je pense que Nicolas Sarkozy le paye aujourd’hui dans les sondages. Il a fait croire à une toute puissance du politique ce qui est une imposture. Pour réussir une réforme, il faut que tous les acteurs concernés soient impliqués.

N’avez-vous pas un sentiment d’impuissance sur ces sujets en étant dans l’opposition ?

Nous pouvons difficilement empêcher le gouvernement de faire voter tous ses projets de loi. Mais je peux vous assurer que les élus de la majorité [UMP et Nouveau Centre] sont beaucoup moins unis qu’au début de la mandature. Ils ne sont pas très à l’aise sur un certain nombre de décisions et de déclarations récentes…

De notre côté, nous travaillons à peser sur chaque loi et à construire une alternative. Personnellement, je contribue activement à la réflexion sur la police, la justice et la santé mentale. Concrètement je prépare des textes, j’organise et participe à des forums. Il faudra être prêt à agir quand les français décideront que le temps du changement est venu.

En 2012 ?

Je l’espère. Nous faisons en sorte de gagner la confiance des électeurs pour cela. En ce sens, le projet socialiste récemment paru en 30 propositions est un bon point de départ. Il a été suffisamment élaboré à l’avance pour que tout le monde s’en empare. Car ce n’est pas un texte figé, mais des grandes lignes à affiner tous ensemble. Il faut que le pays se mette en mouvement à l’occasion de cette élection présidentielle et que nous, hommes et femmes politiques de gauche, soyons au rendez-vous avec les français. La majorité actuelle n’écoute plus nos concitoyens et prend de mauvaises décisions dont on voit les effets tous les jours sur le terrain.

Personnellement, je sens une formidable aspiration au changement, comme c’est le cas dans notre région où la poussée de la Gauche est le signe d’une confiance grandissante et renouvelée à chaque élection. L’alliance de nos forces en est le facteur de réussite et il faut continuer en associant le social et l’écologie.

Et plus localement, quels sont vos projets ?

Sur ma circonscription, je souhaite continuer mon travail autour du développement du Sud Loire. Il perdure un grand déséquilibre entre le Nord et le Sud de l’agglomération que je n’accepte pas. J’ai apporté mon aide chaque fois que je l’ai pu pour soutenir des projets visant à faire avancer notre territoire comme avec l’association Sud Loire Avenir par exemple. Nous avons de vrais atouts : de grands établissements de santé (Hôpital Saint-Jacques, Les Nouvelles Cliniques Nantaises, la clinique du Baronnais), une force économique (Zone D2A, Technocampus, Airbus…), un formidable tissu associatif et la chance d’évoluer dans un environnement naturel exceptionnel : la Loire, le lac de Grand-Lieu… Avec le déplacement de l’aéroport sur le site de Notre-Dames-des Landes, il faut penser la réutilisation des terrains et des bâtiments, l’implantation d’industries ou d’activités, la mise en place de transports performants.

Pour finir, quel serait votre plus grand souhait pour cette dernière année de votre mandat ?

D’abord de continuer à faire de mon mieux en tant que député, au service du plus grand nombre. Ensuite, faire du vivre ensemble notre priorité. Vous le savez certainement, je ne suis pas un idéologue. Je pense qu’on peut appendre à vivre et évoluer malgré nos différences. Sans faire de catastrophisme, l’état d’esprit ambiant est inquiétant. Nos valeurs républicaines, laïques sont ébranlées. Nous assistons à une montée de l’extrémisme, de l’individualisme, du chacun pour soi favorisée par la peur de la mondialisation, mais aussi par la politique et les déclarations de l’actuelle majorité. Nous devons urgemment inverser la tendance. Reprendre goût à la diversité, aux convictions collectives fédératrices et retrouver le sens du lien social.

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