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Jacques DELORS analyse la situation économique et sociale.

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Lors de notre réunion de groupe des députés PS de ce jour, nous avons eu le grand plaisir d’un échange avec Jaques DELORS, aujourd’hui président du CERC (Conseil de l’Emploi, des Revenus et de la Cohésion Sociale).

 Analyse de la croissance, de l’emploi et des inégalités ont été au cœur de cet échange.

  1/ La croissance française.
 Il est souvent fait allusion au fait que la croissance française est, dans la longue durée, égale à la moyenne de la croissance européenne. Cette affirmation est à relativiser sur deux points.
 D’une part, cette croissance moyenne européenne est en fait tirée vers le bas par la croissance faible de trois grands pays dont notamment l’Allemagne et l’Italie. Les autres pays de l’Union ont une croissance nettement supérieure.

 De plus, dans une situation, comme en 2007, où l’Allemagne bénéficie d’une forte croissance, alors la croissance française est inférieure à la croissance moyenne de l’Union.
 D’autre part, ceci est vrai sur de longues périodes, mais si nous regardons des périodes plus courtes, des différences apparaissent. De 1997 à 2001, la France a eu une croissance 0,5 point supérieure à la croissance moyenne européenne. À l’inverse, depuis 2002, la France a une croissance systématiquement inférieure à la croissance moyenne européenne.

 2/ Emploi et chômage.
 Il y a eu un réel rythme de créations d’emplois supérieur à la moyenne de 1997 à 2001. Et cela n’a pas été essentiellement dû à des emplois aidés, mais bien à des emplois privés.
 Nous avons deux enjeux essentiels :
 L’emploi des seniors
 L’échec du système éducatif (1/6 des jeunes sortent sans diplôme du secondaire, et 1/6 des étudiants sortent sans diplômes du supérieur).

 3/ Inégalité de revenus.
 Entre les 10% des personnes bénéficiant des revenus les plus élevés, et les 10% ayant les revenus les plus faibles, le revenu global annuel varie de 1 à 13… Ceci est dû au salaire horaire, mais plus encore au temps partiel.
 L’accès à l’emploi reste la voie royale pour sortir de la pauvreté. Mais la « financiarisation » de l’accès à l’emploi (ex : RSA), ne doit surtout pas faire oublier que pour les personnes les plus en difficulté, sur lesquelles les politiques publiques devraient se concentrer, les questions de santé, de logement (distance domicile / travail), les gardes d’enfants (inaccessibles pour les bas salaires et les foyers monoparentaux), la formation et la qualification, l’efficacité du service public de l’emploi, sont autant de facteurs déterminants.

 L’inégalité des chances est restée intacte. Nous devons constater qu’un nombre toujours très élevé de jeunes ne trouve toujours pas dans leur milieu familial, à l’école, le cadre adéquat pour réaliser leur potentiel. Et à côté de cela, nous voyons quels moyens notre société met pour nous accompagner dans l’achat d’un réfrigérateur, alors que l’accompagnement vers l’emploi est si dépourvu.

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