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Le signal d’alarme de la Fondation des Apprentis d’Auteuil

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Accueillant et formant plus de 13.000 jeunes gens par an, la Fondation des Apprentis d’Auteuil est au plus près des évolutions de la partie de notre jeunesse la plus en difficulté, accueillant des enfants confiés par leurs parents ou par l’aide sociale à l’enfance.

Pour faire entendre la voix de ces enfants, la Fondation des Apprentis d’Auteuil vient de publier un livre intitulé Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté . En plus que d’en recommander la lecture, je me permets de livrer quelques indications sur son contenu ainsi que quelques analyses et avis à leur sujet.

La situation s’aggrave. 18% des enfants touchés par la pauvreté, 150.000 élèves sortants sans qualification par an, 1 jeune actif sur 4 demandeur d’emploi, 300.000 enfants bénéficiant de l’aide sociale à l’enfance en 2009, dont 150.000 placés.

Et désormais plus de familles avec de très jeunes enfants sans abris que de personnes isolées, etc.

Quel intérêt, quel sens, face à une telle situation, de décrire la jeunesse comme un danger, de vouloir toujours plus s’en méfier, s’en défier, parler sans cesse des parents démissionnaires, etc. ?

La présentation des activités de cette association, comme les activités de très nombreuses autres associations, met en évidence la richesse, le dynamisme, l’innovation sociale, la volonté farouche de refaire société, que portent des milliers de citoyennes et citoyens engagés. Cela me conforte dans l’idée que les responsables politiques, s’ils doivent tenir un langage de vérité, ne doivent pas jouer sur les peurs, décrire plus sombrement la réalité qu’elle ne l’est déjà. Si nous voulons trouver les voies et moyens de notre redressement, il faut aussi que les responsables politiques sachent dire toutes les ressources que nous avons, et permettre à la société civile de donner cours à tout son dynamisme et sa capacité d’innovation. Il est question ici du discours politique, mais aussi des décisions. Ainsi par exemple, les « outils » de l’État et des collectivités doivent-ils améliorer encore leur capacité à travailler en partenariat avec les associations.

S’arrêtant plus particulièrement sur trois enjeux (le décrochage scolaire, le rôle éducatif des familles, l’entrée dans la vie active), l’ouvrage permet tout à la fois d’affiner le diagnostic, mais propose également des pistes d’action.

Sur l’importance de ces points je ne peux qu’être d’accord, les ayant également relevé dans le petit livre L’adolescence : un enjeu politique, La manière dont notre système de formation doit lui aussi travailler plus encore en partenariat avec l’ensemble des parties prenantes, de son environnement, pour offrir le plus de cohérence et de suivi possible aux enfants. La manière dont beaucoup de familles ne sont pas « démissionnaires » mais affaiblies dans leur capacité à exercer une autorité éducative, et la manière dont nous devrions collectivement construire de nouvelles formes d’autorité partagées. La question enfin de la transition entre la formation et l’emploi, et plus globalement la transition entre l’adolescence et l’âge adulte, l’accès à l’autonomie, dont nous avions eu l’occasion également de voir toutes les évolutions lourdes en seulement quelques dizaines d’années.

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