Accueil > Le Sud-Loire avance > Les enjeux de l’avenir des services publics : l’exemple de La (...)

Les enjeux de l’avenir des services publics : l’exemple de La Poste

fontsizeup fontsizedown

Le 7 juillet dernier, j’ai visité un centre de tri postal. L’ensemble est impressionnant. C’est un grand entrepôt. 420 personnes y travaillent 24 heures sur 24, 6 jours sur 7. Le centre est arrêté du samedi 20 heures au dimanche 20 H 00.

L’ambiance est celle de tous les chantiers modernes que j’ai pu visiter. L’ensemble est propre, calme et surtout extrêmement mécanisé. De gigantesques machines, de plusieurs dizaines de mètres de long, trient 45 000 lettres à l’heure. Un seul opérateur mène chacune de ces machines. Puis, au détour d’un couloir, on retrouve un parfum d’antan. Dans une salle à part, des dizaines de postiers sont posés devant des casiers, ils trient à la main les 5 à 10 % de lettres que la machine a rejeté faute de pouvoir lire les adresses mal rédigées.

L’ensemble donne l’impression d’un exploit sportif renouvelé chaque jour. Faire en sorte que tout le courrier qui arrive réussisse à repartir.

Le défi de la Poste c’est de réussir en 2010 à distribuer 90 % des courriers 24 heures après leur dépôt dans la boîte aux lettres. Aujourd’hui, la poste indique être à 82 %. Pour réaliser cet exploit elle va investir 3 milliards et demi d’euros, dont 29 millions d’ailleurs en Loire-Atlantique et en Vendée.

À la suite de la visite, le Directeur Régional est venu présenter la Poste. La Poste Française, c’est un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros. La Direction a le regard fixé sur les concurrents, la Poste Allemande qui fait un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros. La Poste est une activité qui n’est pas délocalisable. Le courrier est toujours porté à domicile. L’extension, selon la théorie de la Direction de la Poste, ne peut donc se faire qu’en achetant des postes étrangères. Sont particulièrement convoitées les postes des pays de l’Est nouvellement entrés dans l’Europe des 27. En effet, le service n’est pas à la hauteur du service fourni par la Poste Française. C’est là que se situe l’enjeu du débat de la transformation de la Poste, entreprise publique, industrielle et commerciale, en société anonyme.

La question sera donc de savoir ce que vont devenir les obligations de services publiques. La Poste statutairement doit aujourd’hui assurer d’une part une présence postale sur tout le territoire, d’autre part la distribution de la presse à des coûts en dessous du prix de revient, enfin, le service du courrier universel, ici encore qui coûte plus qu’il ne rapporte.

La Poste a chiffré le coût de chacune de ses obligations de service public. La distribution de la presse revient à 400 millions d’euros, la présence postale sur tout le territoire (près de 17 000 bureaux ou points postaux) à 490 millions d’euros. La délivrance du courrier dans les mêmes conditions sur la totalité du territoire français revient elle à 500 millions d’euros. Ce sont ces services qu’il faudra garantir et payer. À ce jour, aucune garantie n’est donnée ni par le gouvernement, ni par les services du Président de la république.

Partager sur le net :

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?