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NOTE DE LECTURE : « INVESTIR DANS LE SOCIAL » JACQUES DELORS, MICHEL DOLLÉ

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Alors que le Parti Socialiste travaille sur son projet économique, social et environnemental, cet ouvrage paru en avril 2009 est un réservoir d’idées pour nous aider à gouverner autrement dès 2012. Sa richesse en rend la présentation difficile. Indiquons simplement que les deux auteurs pointent les principales faiblesses de notre organisation sociale dans trois domaines.

La politique de l’emploi. Le chômage est indemnisé par l’Unedic, système géré conjointement par les syndicats patronaux et salariaux. La tentation est donc forte de remettre le plus rapidement possible au travail des chômeurs qui coûtent cher c’est-à-dire ceux qui perçoivent des allocations élevées correspondant à la fois à des salaires élevés et à des compétences importantes. Ce choix se fait évidemment au détriment des salariés les moins formés et les moins payés donc indemnisés.

La création de Pôle Emploi, si elle a le mérite de créer un guichet unique, a le tort en revanche de consacrer la prééminence de l’Unedic sur l’ancien service public qu’était l’ANPE. Les auteurs préconisent donc que l’État reprenne la main, coordonne et oriente l’aide au retour à l’emploi en faveur des plus démunis et coordonne le versement des allocations.

Le système éducatif. Les deux auteurs le juge coûteux, d’une efficacité médiocre et générateur d’inégalités. Rappelez que près de 150 000 jeunes sortent chaque année de l’école sans aucun diplôme suffit à démontrer qu’il est urgent de changer les choses. Sont proposées de nombreuses pistes de réforme : privilégier l’acquisition de compétences sur l’acquisition de connaissances (plutôt une tête bien faite qu’une tête bien pleine), favoriser chez chaque élève une estime de soi lui permettant de s’adapter, repenser la sixième avec des enseignants polyvalents pour adoucir la rupture entre le primaire et collège, inciter les établissements à lutter contre l’échec scolaire et à mettre en place des systèmes de soutien scolaire…

Une politique de l’enfance. Il faudrait mettre en place un service public de l’enfance pour :
 « aider au développement de l’enfant dans une optique d’ égalité des chances. Par enfance il faudrait au moins entendre les 10 à 12 premières années, avec des responsabilités et des modes d’intervention naturellement variables selon l’âge. Les domaines de compétence engloberaient au moins l’accueil et les modes de garde des enfants, le développement des activités extrascolaires, la santé et le traitement des difficultés familiales ou sociales. » (P. 226). « Un service public ne veut pas dire une institution unique… Il s’agit d’organiser le fonctionnement en réseau d’un certain nombre d’acteurs et institutions publiques ou privées, mais en précisant les cahiers des charges et en évaluant les résultats… » (P.227).

Les deux auteurs sont des fins connaisseurs de l’action publique. Ils analysent les politiques en place dans le détail, en faisant apparaître leurs effets pervers et notamment les inégalités générées. Ils ne se sont pas contentés d’un catalogue de souhaits mais ils formulent véritablement des propositions. Cette richesse rend parfois la lecture un peu difficile mais l’effort du lecteur est récompensé.

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