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POLITIQUE CARCÉRALE : LA MAGIE DES MOTS, LE CHOC DES EUROS

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À 8 mois de l’élection présidentielle, le président de la République s’est rendu mardi 13 septembre en Seine et Marne. Il y a inauguré un centre éducatif fermé. Il y a également annoncé le vote prochain d’une loi sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants et la création de 30.000 places de prison d’ici 2017 pour porter le parc pénitentiaire français à 80.000 places.

Il s’agit là de pures annonces pour masquer les difficultés de sa politique en matière de traitement de la délinquance.

Le texte sur l’encadrement militaire est un projet très modeste qui vise à ouvrir à des mineurs délinquants volontaires la possibilité d’effectuer, à la place de leur peine, un stage de 4 à 6 mois dans les établissements de réinsertion de la défense nationale, les EPIDE.

Ces 21 établissements accueillent environ 2000 stagiaires majeurs par an et donnent satisfaction. Ils réserveraient 200 places à des mineurs adressés par la justice. Pourquoi pas, mais si la délinquance des mineurs est hors de contrôle comme le clame sans cesse le gouvernement, est-elle simplement due aux 200 adolescents les plus difficiles ? Encore une fois le gouvernement se paie de mots.

Quant à créer 30.000 places de prison, l’annonce est gratuite, mais la réalisation sera couteuse. La construction d’une place revient à 100.000 € environ. Cela devrait donc coûter près de 3 Milliards d’Euros sur 6 ans. C’est-à-dire presque la moitié du budget annuel du ministère de la justice. Une telle annonce est faite sans que soient réglées les questions à propos de la prison : mettre fin à la surpopulation (actuellement 56.500 places pour 64.000 détenus, ce qui nécessite sans doute des constructions), faire en sorte qu’aucune sortie ne soit faite sans suivi et sans un contrôle plus ou moins strict en fonction du profil du condamné.

Pour cela les députés socialistes ont déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de proposer une politique alternative. Plutôt que de payer toujours plus de murs, formons et payons des professionnels de la probation, qui accompagnent les détenus dans leur projet de réinsertion et qui suivent et contrôlent les sortants de prisons.

D’une grande constance, le chef de l’État, le gouvernement, la majorité UMP et Nouveau Centre semblent bien décidés à gouverner jusqu’au bout en toute fidélité avec leur méthode : Parole, parole, parole….. 

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