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RÉFLEXION SUR LE MÉTISSAGE

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Le samedi 6 mars 2010, à la demande de l’association chrétiens en forum, j’ai participé à une réflexion sur la question du métissage. Nous étions quatre intervenants : Mme Peggy MARTIN, directrice d’Handi Label Conseil, société de conseil pour l’intégration des personnes en situation de handicap dans les entreprises, M. Pierre LISE, ancien préfet et animateur d’une association de hauts fonctionnaires d’outre-mer, M. René PENNETIER, vicaire épiscopal et moi-même.

Pour ma part j’ai poursuivi une réflexion en cinq points.

L’identité : la question de l’identité ne se pose que dans les périodes de doute sur soi-même. Elle ne se pose pas lorsque tout un peuple, tout un groupe d’humains sont fédérés autour d’un même projet. Dans ce dernier cas le métissage est toujours vécu comme une richesse puisqu’il est un apport différent à un projet commun.

L’histoire : pour s’ouvrir sur l’autre, sur le différent, il faut être au clair avec sa propre histoire. L’expérience nantaise des Anneaux de la Mémoire qui a consisté en une exposition publique sur le passé négrier de la ville en est l’illustration positive. L’illustration négative est notre incapacité actuelle à revisiter la guerre d’Algérie, à cicatriser les blessures des harkis, des pieds-noirs et à pacifier nos relations avec l’État algérien.

La laïcité : historiquement la république française telle que nous la connaissons s’est construite contre la religion catholique. Notre modèle de laïcité a donc un peu de mal à s’adapter à l’arrivée de nouvelles religions. Nous avons donc ainsi des difficultés d’une part à financer de nouveaux édifices de culte (les mosquées aujourd’hui, peut-être les pagodes demain….) et d’autre part à régler la question de la formation d’un nouveau clergé (les imams aujourd’hui, peut-être les bonzes demain…).

La langue : nous avons intérêt, je crois, à défendre et promouvoir les langues régionales et les langues minoritaires à côté du français. Cela constituera un modèle de défense de langue dont nous avons besoin pour défendre notre propre langue face à l’anglais qui s’est imposé comme langue internationale.

La politique envers les étrangers : l’Europe a créé une citoyenneté européenne. Ce mouvement de métissage s’est accompagné dans le même temps d’une politique restrictive en matière d’immigration. Il faut retrouver avec les pays tiers un projet commun de développement qui permette à la fois de rassurer et de fédérer les énergies.

En résumé il faut favoriser tout ce qui présente le métissage comme un enrichissement à sa propre identité toujours en cours de construction et s’opposer à tout ce qui présente le métissage comme un envahissement et qui nourrit les peurs.

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