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Situation de l’emploi eu Europe

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Le groupe socialiste auditionnait ce matin madame Bernadette SEGOL, secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats. L’analyse, les remontées d’information, et les avis de cette organisation sont particulièrement précises, et mettent en évidence les défis qui sont devant nous.

Voici mes notes sur cette audition :

Nous sommes dans une situation d’urgence et de très grande crainte sur les risques qui sont actuellement sur la table. Il y a des constatations simples. La situation de la Grèce qui est en situation de récession / dépression et pour la population grecque il est très difficile voir impossible de voir la lumière. Les mouvements sociaux qui s’y déroulent sont inévitables. Tous les plans qui ont été mis en place sont drastiques et n’autorisent aucune place à la croissance et à l’espoir pour les grecques.

Les privatisations sont faites dans les pires conditions y compris financières. Pour mettre le système fiscal au point les délais sont insuffisants.

Il n’y a aucun pays européen avec une croissance réellement dynamique. La situation bancaire est elle aussi plus que préoccupante. En France en en Belgique il y a eu le sauvetage de Dexia qui va signifier une augmentation de la dette publique.

La crainte de la CES est très claire. Allons nous vers une récession et un chômage fort ?

Nous pensons qu’aux problèmes actuels il n’y a qu’une solution européenne. Pas de solution nationale et encore moins nationaliste. Nous avons défendu une forme de mutualisation de la dette . Eurobond ou autre. Mais à l’heure actuelle cela risque d’être insuffisant si la BCE ne joue pas une fonction de banque centrale il risque d’y avoir des solutions à court terme, or nous avons vitalement besoin de long terme.

Je ne suis pas sûre du tout que le conseil européen d’aujourd’hui nous amène à une telle solution.

Pour nous, le gros problème, c’est que tout ce qui est mis en place, le pacte Europe plus , le paquet des législations adoptés à Bruxelles, tout va dans une direction : pression sur les salaires et flexibilisation de la main d’œuvre et sur le niveau des conventions collectives. En Grèce vient d’être adopté une loi disant que les conventions collectives d’entreprise auront préséances sur les conventions collectives de branche. Une pression sur la flexibilisaton du marché du travail, qui ne peut que conduire à une précarisation du travail.

Dans tout cela il n’y a aucun paquet pour la croissance. Il n’y a que de l’austérité. Cela ne peut pas apporter la croissance qui serait nécessaire pour retrouver le chemin d’une économie équilibrée.

Pour nous les risques sont des risques de déflation salariale et sur la protection sociale. Dans ces termes-là, je suis inquiète sur la réaction des populations et des travailleurs sur le projet européen.

Avec les syndicats Allemands nous sommes dans une situation favorable. Ils ont pris des positions pro-européennes assez courageuses. Ils ont pris position pour une mutualisation de la dette.

Sur la question de l’harmonisation sociale, nous avons pris des positions sur l’harmonisation de la fiscalité, et d’abord sur la fiscalité des entreprises pour éviter le dumping. Mais les approches syndicales sont différentes selon les pays. Entre un syndicalisme nordique où il y a entre 80 et 90% de syndiqués et les problèmes des pays de l’Europe de l’est qui essaient de défendre une quelconque structure sociale il y a des écarts énormes. Cependant nous essayons de mettre en place une campagne commune sur cette question de l’harmonisation fiscale et sociale.

La CES a des moyens limités et nous sommes plus visibles au niveau des autorités européennes plutôt qu’aux niveaux nationaux et locaux. Là ce sont nos membres qui doivent être les relais locaux.

La charte sociale et le Conseil de l’Europe restent des mystères pour les gens, mais le traité de Lisbonne a prévu que l’UE adhère à la charte sociale du Conseil de l’Europe, ce qui pourrait être un levier important pour des droits sociaux nouveaux.

Pour les syndicats nordiques une demande de salaire minimum européen est en conflit avec l’idée que la question du salaire est une prérogative de la négociation salariale. Ils sont opposés à cela car cela pourrait aussi les pousser vers le bas. De même les syndicats italiens y sont très opposés, ils ne veulent pas que cette question soit remise entre les mains des pouvoirs politiques.

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