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La polémique autour de l’attentat de Nice fait le jeu de Daesh

Cette vaine polémique nous divise et nous affaiblit.

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L’Etat et les acteurs locaux engagés pour la sécurité de tous

Le dispositif de surveillance et de protection du feu d’artifice de Nice a été pensé et mis en place conjointement par la ville de Nice et la préfecture. C’est toujours le cas pour ce type d’événement. Ça l’est d’autant plus qu’aux côtés des 64 policiers nationaux travaillaient 42 policiers municipaux. Ce dispositif était complété le soir du 14 juillet par l’engagement de 20 militaires, soit 5 patrouilles, dans le cadre de la mission Sentinelle. La coordination était donc incontournable. Monsieur Estrosi ne pouvait pas l’ignorer puisque depuis sa démission comme maire de Nice, le 13 juin de cette année, il est premier adjoint chargé notamment de la sécurité.

Le département des Alpes Maritimes a été particulièrement actif dans la lutte antiterroriste. Je m’en suis personnellement rendu compte. J’ai en effet rencontré toutes les autorités chargées de lutter contre la menace terroriste lors d’un déplacement de la commission des lois au printemps dans le cadre du contrôle parlementaire de l’état d’urgence. Sur les 10 lieux de culte fermés en France, cinq l’ont été dans ce département. Enfin rappelons que la cité niçoise est parmi les plus sécurisées avec 366 policiers municipaux, soit le plus gros effectif de notre pays et 1400 caméras de vidéosurveillance. Par ailleurs, Nice est l’une des villes de France les mieux couvertes par le dispositif Sentinelle.

Ces dispositifs locaux s’inscrivent dans le cadre plus large d’une politique de sécurité conduite depuis 2012, qui a notamment conduit au recrutement de 9.000 policiers et gendarmes supplémentaires alors que 13.000 postes avaient été supprimés entre 2007 et 2012, à la mobilisation de 10.000 militaires sur le territoire national dans le cadre de l’opération Sentinelle, etc.

Le risque zéro n’existe pas

L’Etat d’Israël, un des plus sécurisés dans le monde, a multiplié les dispositifs de sécurité. Ils sont efficaces. Mais les types d’attaques ont évolué et les ressortissants de ce pays sont désormais victimes d’attaques individuelles au poignard.

Les États-Unis ont connu il y a à peine quelques semaine sur leur territoire une effroyable tuerie de masse.

Il n’y a pas de remède absolu et s’impose donc un effort continu.

Une polémique qui nous divise et nous affaiblit

Créer de la discorde entre les forces politiques, entre les français eux-mêmes, à quelques mois des élections présidentielles, c’est nous affaiblir.

Polémiquer si tôt, pendant les trois jours de deuil national, a quelque chose d’irrespectueux pour toutes les victimes qui ont perdu la vie ou blessées dans leur chair, ainsi que pour leurs proches.

Polémiquer de cette manière, c’est diminuer la confiance de nos concitoyens dans notre capacité collective à résister. C’est courir le risque de favoriser une extrême droite qui s’en prendrait aux musulmans de France, entraînant par contrecoup leur isolement et leur possible radicalisation. C’est exactement le but poursuivi par notre ennemi DAESH.

Au-delà c’est semer le doute sur la sécurité en France et donc potentiellement dissuader les près de 90 millions de touristes qui nous rendent visite chaque année, de le faire. Le tourisme représente près de 7,5% de notre produit intérieur brut. DAESH vise ainsi à nous affaiblir comme il a ruiné l’économie touristique de la Tunisie et de l’Égypte.

Examiner ensemble les moyens de répondre au terrorisme est souhaitable. Toutes les questions sont légitimes et nécessaires. Une démocratie est une société qui sait se poser des questions pour s’améliorer. Puisque le risque zéro n’existe pas, nous devons avoir un débat public exigeant pour qu’il soit efficace.

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