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Le Brexit n’est pas un demi-avertissement. Les européens face à leur Histoire

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La place de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne a toujours été particulière. Cependant, nous ne pouvons pas considérer le départ du Royaume-uni de l’Union comme un demi avertissement quant à la perte de sens de ce projet pourtant historique pour les peuples européens.

Dans un monde qui connaît de profonds bouleversements, économiques, géopolitiques, migratoires, environnementaux, la construction européenne apparaît aujourd’hui aux peuples d’Europe non pas comme un surcroit de souveraineté permettant de construire démocratiquement leur avenir, comme une capacité renforcée à établir des normes communes, mais comme une instance de dilution de toute souveraineté démocratique qui déréglemente l’essentiel et sur-règlemente l’accessoire.

Peut-être cette perception est-elle en partie injuste, mais elle est là. Les dirigeants de toutes les nations européennes sont convoqués aujourd’hui par l’Histoire pour faire preuve d’une hauteur de vue perdue ces dernières années. L’ensemble des peuples européens, chacune et chacun d’entre nous, sur cette question comme sur tant d’autres, avons également à renforcer nos exigences citoyennes, vis-à-vis de tous les « représentants », mais aussi vis-à-vis des qualités morales et intellectuelles de notre débat public, et enfin aussi vis-à-vis de nous-même, individuellement, pour faire l’effort que demande une citoyenneté réellement exercée notamment par le sens du dialogue et de la fraternité malgré nos peurs et nos colères qui exacerbent nos différences.

Ainsi, même si des considérations internes à la situation Britannique (très grandes inégalités économiques, sociales et territoriales notamment) semblent avoir pesé sur le vote, même si le référendum est un outil de décision démocratique dont nous savons qu’il est complexe à manier et souvent trop binaire pour des sujets complexes, il n’en demeure par mois que ce vote doit être regardé en face comme un choc révélateur de l’ampleur du désaveu populaire vis-à-vis de l’Union Européenne telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Le projet historique d’union des peuples et nations d’Europe doit retrouver un chemin non pas imposé mais voulu par les peuples. La souveraineté n’est pas un repli, elle est la capacité à se donner ses lois, ses règles, ses normes communes pour une vie en commun et un avenir commun. Nous devons redonner de la clarté entre ce que nous mettons en commun et ce que chacun garde en particulier. Et pour ce que nous acceptons de mettre en commun au niveau européen, les normes doivent être élaborées beaucoup plus démocratiquement.

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