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Plus de 70% des Français ont des revenus qui les rendent éligibles au logement social. Ce n’est donc pas une affaire de pauvres. Pourtant, l’inquiétude est réelle autour du financement de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) et de la contribution du 1% social, acquis historique du dialogue social.
Après avoir ponctionné les fonds du 1% logement, supprimé les crédits destinés à financer la réhabilitation et réduit de manière significative les aides à la pierre, le gouvernement instaure une nouvelle taxe sur les locataires HLM. Un « holdup » de près d’un milliard sur 3 ans !
Le contexte de crise économique et sociale rend d’autant plus complexe l’accès au logement des personnes les plus fragiles. Le bouclier fiscal pour les uns, la potion amère pour les autres…..
Il faut en urgence renoncer aussi au dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui met en danger les moyens du service public essentiel: école, santé, sécurité, justice, collectivités territoriales… Il faut aussi durcir les sanctions et les modalités de mise en oeuvre de la loi SRU contraignant toutes les collectivités à disposer d’un parc de 20% de logements sociaux…
Après les retraites, et bientôt la santé, le gouvernement montre le peu de cas qu’il fait de ses partenaires sociaux. Il est plus qu’urgent que s’instaure un dialogue constructif sur le sujet du logement, avec un élargissement aux questions d’emploi et de transport. Les collectivités locales,
les partenaires du renouvellement urbain et de la politique de la Ville ont besoin d’un climat de confiance et d’un véritable partenariat avec l’État : nous en sommes loin !
Michèle Gressus