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TABLE RONDE SUR LA CRISE AGRICOLE

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J’ai assisté dans la soirée du 22 juillet à la table ronde rassemblant producteurs, industriels et distributeurs à l’Assemblée Nationale. Cette rencontre fait suite à une première qui avait eu lieu, elle aussi à l’initiative des députés, au début du mois de juillet.

La FNSEA souhaite des mesures à court terme : des aides mais surtout des augmentations de prix notamment dans la restauration surtout collective et enfin une modification de l’attitude du consommateur qui devra privilégier les produits français. A long terme, il faut un allègement des normes, une aide à la gestion de l’endettement des fermes des éleveurs. Il faut surtout une régulation des marchés par la passation de contrats et de conventions liant tous les acteurs de la filière bovine, porcine et de production de lait.

La Confédération paysanne souhaite une agriculture pourvoyeuse de nourriture mais phénomène au moins aussi important, une agriculture pourvoyeuse d’emploi. La Coordination rurale veut que l’on s’attaque aux règles de Bruxelles qui déconnectent les aides des prix pratiqués. Le MODEF veut également une agriculture avec des prix régulés qui permettent au producteur de vivre en échappant aux règles du tout libéral.

Les Jeunes Agriculteurs veulent également des prix, un allègement des normes, une aide à la gestion des dettes des exploitations. Il faut sortir de la course aux prix les plus bas par le biais de conventions entre tous les acteurs de chaque filière.

Les éleveurs de porcs disent être en crise depuis 2007, à cause des normes, de l’augmentation des matières premières, de la course aux prix bas encore plus folle en France qu’ailleurs et également de l’embargo contre la Russie qui bloque les exportations. 30% du porc consommé en France est importé et produit avec des salaires moins chers et des normes d’hygiène moins exigeantes. Le dumping social allemand fait du tort à la filière.

Les éleveur bovins regrettent le fait que l’Europe ne régule plus alors que l’ouverture des marchés s’est accéléré depuis trois ans. Le coût de création d’une exploitation est passé de 200 000 € il y a 15 ans à des sommes qui oscillent aujourd’hui entre 500 000€ et 1 million.

Le représentant des producteurs de lait condamne le prix de vente d’une brique de lait UHT à 60 centimes alors que le juste prix est de 1€. Il faut une politique européenne du lait qui a disparu depuis la fin des quotas laitiers.

Les industriels agroalimentaires rappellent que la guerre des prix a détruit 2358 PME et 32 288 emplois en 10 ans. La contractualisation nécessite que les trois acteurs soient signataires. L’effort principal dans l’immédiat va consister à augmenter le % de viande française dans la restauration collective. 50% du lait français est exporté et subit de plein fouet la crise de surproduction. Il faut donc mettre en place un mécanisme qui garantisse le revenu du producteur même en cas de baise de prix. L’élevage au total représente 800 000 emplois directs et induits.

La grande distribution s’appuie sur le rapport du médiateur remis aujourd’hui pour rappeler qu’elle a respecté son engagement d’augmenter les prix. Mais la restauration collective achète peu de viande française comme d’ailleurs les industriels de la salaison. Leclerc soutient que 100% du porc, 95% du bœuf vendus dans ses magasins sont français. Carrefour se défend de pratiquer la course aux prix bas. Auchan explique avoir augmenté de 5 centimes le kilo chaque semaine pour le porc et le bœuf. Le lait est payé 340€ la tonne depuis février, conformément aux accords. Super U souhaite que la loi LME (loi de modernisation de l’économie votée dans le précédent quinquennat) soit changé pour permettre une contractualisation producteur-transformateur-distributeur et non deux par deux. Casino rappelle qu’à la suite des négociations de février, le prix du lait a été augmenté. Il appelle à des discriminations positives en faveur des PME. Tous les distributeurs appellent à la fin des actions contre les super marchés.

Plusieurs conclusions temporaires peuvent être tirées à ce stade. D’abord de nombreux acteurs soulignent l’importance des mesures d’urgence, même si elles ne suffisent pas. Ensuite l’action ancienne de concertation du ministre est saluée. Enfin la commission des affaires économiques a décidé de lancer une mission de travail pour avancer dans deux directions : la contractualisation étendue à toute la chaîne et ensuite les solutions pour que la restauration collective achète plus de produits français.

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